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Le 22 avril 1994, trois ans après le coup d'état qui renversa le président élu Jean Bertrand Aristide, l'armée haïtienne et les paramilitaires du FRAPH (Front pour l'avancement et le progrès d'Haïti) ont entouré le quartier de Raboteau à Gonaîves dans le nord d'Haïti, un quartier avec une longue histoire de résistance à l'oppression par l'Etat. Les habitants continuaient à soutenir Aristide et essayaient d'organiser son retour d'asile même après que le gouvernement illégal ait brutalement soumis presque tout le reste du pays.
Pendant ce qu'on appelle maintenant le massacre de Raboteau, soldats et forces du FRAPH ont pillé les maisons et tiré sur les habitants qui essayaient de s'enfuir. Ils ont battu et torturé deux cents personnes, ont poursuivi ceux cherchant de l'aide auprès des hôpitaux jusqu'à Port-au-Prince. Alors que la mort de seulement 8 personnes a été documentée, on estime que ce jour-là, il y a pu avoir 50 personnes tuées, mais on ne saura jamais exactement le nombre total. L'armée a interdit aux parents des vicitimes de venir récuperer les corps qui ensuite ont été rapidement brulés ou enterrés par les soldats, dévorés par des cochons ou des chiens ou encore emportés par la mer.
Le documentaire Pote Mak Sonje présente la manière avec laquelle une communauté s'est mobilisée pour aboutir au procès capital de Raboteau. Celui-ci, au cours duquel les assassins furent confrontés à leurs victimes est l'un des plus significatifs s'étant déroulé dans un pays du Sud ces 20 dernières années. La communauté autour des victimes a du affronter d'énormes obstactes tels qu'une longue histoire d’impunité et de corruption dans le pays mais aussi l'extrême pauvreté et l’analphabétisme présents.
Narré par certains survivants du massacre de Raboteau, Pote Mak Sonje: le Procès de Raboteau confronte leurs témoignages chargés d'émotions avec les moments clés de ce procès.
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